LA RENAISSANCE DE VENUS



D’après les farces médiévales du Cuvier et du Chaudronnier et les textes de Louise Labé, Clément Marot et Marguerite de Navarre.

Distribution :

Mise en scène : Élodie Chanut
Avec : Élodie Chanut, Daniel Tarrare, Catherine Thérouenne, Olivier Chanut
Costumes : Danielle Chanut
Lumières : Pascal Noël

 

COMEDIE ET GRINCEMENTS DE L’AMOUR

Il parait que l’homme a évolué… Mais d’après Madame, la vie du ménage n’aurait pas changé ! Qui croire ?
Madame, victime d’un mari paresseux qui l’abonnerait aux corvées ménagères et qui, de son côté, ne penserait qu’à ça ?
Monsieur, en proie à une épouse tyrannique… et à une non moins terrible belle-mère ?
Le débat est, semble-t-il, loin d’être clos et les scènes de ménage qui en découlent sont parfois terribles.
Toujours est-il qu’il est permis d’en rire. Et c’est ce que font les auteurs et metteurs en scène depuis des siècles.

La Renaissance de Vénus, à travers l’adaptation haute en couleur de farces médiévales, ainsi que de poèmes et contes de la Renaissance, propose un florilège savoureux de ses situations et de leur évolution (ou prétendue telle) à travers les siècles.
En même temps, par l’entremise de traductions modernes des textes utilisant la langue de tous les jours, elle en souligne la pertinence et l’actualité, et nous conduit, à travers un subtil jeu de miroir, à nous moquer de nous-mêmes.
Eh oui, pour une fois, ce n’est pas des autres que l’on s’amuse, mais de notre propre comédie des amours, de cette farce que chacun d’entre nous joue chaque jour ! Et, ma foi, il faut reconnaître que cela fait du bien…


NOTES DE LA METTEURE EN SCENE

J’ai voulu ce spectacle comme un bouillonnement d’énergies et d’idées qui ressemblerait à la vie. Dans ce sens, j’y ai associé des disciplines et des styles différents : théâtre, conte, poésie. danse, musique. Concernant la mise en scène, je l’ai souhaitée inventive et pleine d’humour. La farce est jouée et réglée à la manière de la commedia dell’arte, d’un Feydeau ou d’une bande dessinée. Les poèmes Renaissances sont joués avec sobriété, dépouillement, émotion, tandis que le conte est construit comme un roman photo, structuré comme du Buto. Avec le chorégraphe, nous avons monté la pièce comme un ballet et ensuite répété jusqu’à trouver les automatismes conduisant à l’impression de naturel et de fluidité. La même démarche a présidée sur les mots et j’espère qu’elle favorisera un regard nouveau sur les farces médiévales. Quant aux textes Renaissance, ils m’ont permis d’introduire sensibilité et réflexion sur l’évolution de la sociét é et, plus particulièrement, sur la place qu’y tiennent les femmes,. lesquelles, subitement, ont eu la possibilité d’ouvrir leur esprit aux arts et aux lettres. Comme le dit merveilleusement Louise Labé, “Je ne puis faire autre chose que prier les vertueuses Dames d’eslever un peu leurs esprits par-dessus leurs quenouilles et fuseaus”…

Le passage d’une partie à l’autre du spectacle devait ressembler aux variations de nos humeurs, de nos cœurs où selon l’heure du jour ou de la vie, l’on pleure ou l’on rit, l’on soupire ou l’on grogne, l’on s’étonne ou se questionne… À mes yeux, la farce du cuvier représente l’enfance, avec son énergie brute, ses coups de gueule et sa vivacité, la poésie Renaissance est l’âge adulte avec sa prise de conscience, celui où la comédienne refuse de jouer la fin de la farce et remet en cause la vision qu’ont souvent les hommes de la place de la femme dans la société. La farce du chaudronnier, enfin, évoque la vieillesse, un temps où, par sagesse, on assume ce que l’on est, et, par folie, on s’en amuse et se défoule.

La Renaissance de Vénus se trouve ainsi être un voyage pareil à la vie. Mais aussi une communion, une rencontre. Quel bonheur d’être ainsi réunis : acteurs, spectateurs, musiciens, et de rire ensemble !